Le bouquin du coin

10 juillet 2015

LES NYMPHEAS NOIRS de Michel Bussi

- Vraiment excellent !-

[Pour commencer, veuillez m'excuser pour mon absence mais avec l'été, les amis et ma panne internet interminable, j'ai du mal à tout gérer. Vais me reprendre promis !]

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L'HISTOIRE C'est dans si petit village de Giverny rendu célèbre par le peintre Monet, qui semble si calme, que le tumult commence. 1 meurtre, celui d'un ophtalmologue réputé du coin. Trafic d'oeuvres d'art ? Liaisons dangereuses ? Jalousies ? Les deux enquêteurs, en plus de s'amourracher des demoiselles du villages, semblent complètement perdus dans cette affaire sans fin. Et si on s'intéressait d'un peu plus près à cette si vieille femme qui traverse chaque jour le village ?

MICHEL BUSSI, VOUS AVEZ DIT ? Michel est un spécialiste de géographie électorale (scusez-moi, je trouve ça drôle comme spécialité). Il enseigne la géographie à l'université de Rouean où il dirige l'UMR du CNRS. C'est aussi un auteur reconnu !

TOUT CE QUE J'EN PENSE J'étais moyennement emballée quand une copine me l'a mis dans mon sac pour les vacances. Faut dire j'avais déjà essayé de lire Un avion sans elle que j'avais péniblement refermé au bout de 80 pages n'arrivant PAS DU TOUT à me mettre dedans. Du coup, j'appréhendais et je n'y ai pas mis beaucoup de bonne volonté.

Et puis... Je me suis lancée. Et j'ai adoré ! Tant de personnages. Tant de facettes. Tant de mystères. Mais qui est ce tueur fou récidiviste qui brise le calme du village ? Rhaaa j'étais bouillante comme l'inspecteur tellement cela m'agaçait de ne pas comprendre qui avait pu tuer Jérôme Morval et les autres.

Au lieu de dégrossir l'affaire jusqu'à résolution de l'enquête, on a l'impression d'entrer dans un épais brouillard, qui s'épaissit, qui s'épaissit... Jusqu'à ne plus pouvoir avancer. Etrange direction pour l'enquête !

La vigueur des sentiments de ce roman est incroyable : amour, haine, jalousie, secrets... On est bien loin de la quiétude du village qui avait inspiré Monet. C'est le chien sans âge qui nous amènera sur la bonne piste. Qui démêlera les noeuds. Qui nous sortira de cette mise en abyme incroyable.

Le dénouement. Ces quelques pages que j'ai dû relire 4-5 fois pour être sûre d'avoir bien compris. Oui parce que là, pour le coup, personne ne devine. Personne n'y croit. L'auteur parvient à nous faire tourner en bourrique et à presque nous faire croire que l'on devient fou. La surprise est totale et on ne peut réfreindre le : "Ah ah ! Génial !" que l'on a tous sur le bout de la langue !

C'est plutôt amusant de voir que l'on sort du schéma classique d'une enquête policière. Puisque pour une fois, les enquêteurs ne résoudront pas cette affaire énigmatique, étroitement reliée à un grand peintre connu de tous. En parlant de ça, pas de panique si vous n'avez aucune connaissance en matière de peinture impressionniste. Moi non plus. Et pourtant, tous les passages sur Monet sont très accessibles.

C'est vraiment excellent ! Pour vous dire, j'ai presque envie d'aller faire un tour à Giverny !

POUR QUI ?  Pour les amateurs de peinture et de thrillers. Mais pas que !

C'EST LA PREMIERE PHRASE…  « Trois femmes vivaient dans un village. » 

AU GUIDE MICHELINE  starsstarsstars 

QU'EST-CE QU'ILS EN ONT DIT ? « On finit totalement emballé, le coeur un peu serré... Vraiment, génial ! » - Ouest France

CA PEUT AIDER … 493 pages aux éditions Pocket

 

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03 juin 2015

ET SOUDAIN TOUT CHANGE de Gilles Legardinier

- Un livre multigénérationnel-

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L'HISTOIRE Une belle brochettes de copains qui se retrouvent ensemble dans la même classe (et les mêmes coups fourrés) lors de leur année de terminale. L'enjeu est grand : le bac. Seulement, à cet âge là, on est plutôt intéressés par les copains que par les cours. Alors que Camille a sa meilleure amie Léa qui est atteinte d'une grave maladie, elle aide une copine à empêcher le divorce de ses parents, fait des petits boulots pour aider un copain dans la panade dont elle est amoureuse et adopte un petit chat. Ca fait beaucoup pour une vie d'ado !

GILLES LEGARDINIER, VOUS AVEZ DIT ? Gilles est un auteur/scénariste français qui est avant tout connu pour ses thrillers (et notamment L’exil des anges qui a reçu le prix SNCF du polar en 2010) . Il se lance ensuite dans les bouquins de comédie avec Demain, j’arrête et Complètement Crâmé.

TOUT CE QUE J'EN PENSE C'est le troisième livre que je lis de Legardinier. J'imagine qu'il fait partie de ces auteurs qu'on découvre, qu'on apprécie et dont on achète tous les livres, un à un, jusqu'à en être déçue un jour peut-être. J'en prends le risque en tout cas !

Dans ce livre qui traite d'insouciance, d'avenir, de rêves et d'amitié mais aussi de sujets plus graves comme la maladie, on se repenche avec bonheur dans nos années lycée, ces années où (mis à part l'école mais on ne s'en rendait pas encore compte) seuls les amis comptaient. Qu'est-ce qu'on n'aurait pas fait par amitié, hein ? Notre bande de copains, nos envies de liberté et pourtant notre quotidien si "facile"... Qu'est-ce que ça me manque ! Au final, tout le monde s'y retrouve parce qu'on est tous passés par là. Un livre multigénérationnel, en somme !

Au début, honnêtement, faut savoir rentrer dans l'histoire. Nous sommes habitués au style drôle des deux premiers opus qui parlent d'histoires d'adultes. Alors vous comprenez que les préoccupations adolescentes, ça déroute !

Encore une fois, on retrouve avec plaisir la patte sensible et touchante de Gilles Legardinier. C'est fluide, ça se lit très vite et les petits chapitres nous donnent toujours envie d'en lire un autre. Le petit bémol que je pourrais apporter à cette lecture sympathique est peut-être que l'on ressent par moment que ce n'est pas une ado qui nous parle. On sent beaucoup la maturité de l'auteur et moins l'insoucience de Camille. En même temps, pas évident pour un homme de se mettre dans la peau d'une ado de 16 ans ! Et puis, est-ce que l'on n'aurait pas risqué de tomber dans un roman aussi frivole que futile ? je veux bien l'admettre même si ça perturbe de temps à autres.

Dans tous les cas, c'est un roman de poche qui s'emmène partout et peut vous distraire aisément dans les transports, en week-end et même avant de se coucher.

POUR QUI ?  Pour... tout le monde ! Ados comme adultes, on s'y retrouve !

C'EST LA PREMIERE PHRASE…  « Il fait déjà nuit, un peu froid. » 

AU GUIDE MICHELINE  starsstarsstars 

QU'EST-CE QU'ILS EN ONT DIT ? « Emouvant, drôle et plein de suspense » - Catherine Balle - Le Parisien / Aujourd'hui en France

CA PEUT AIDER … 388 pages aux éditions Pocket

 

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22 mai 2015

3096 jours de Natascha Kampusch

- Un véritable coup de poing dans nos petites vies tranquilles. -

nataschakampusch

L'HISTOIRE Agée de 10 ans en 1998, Natascha part un matin à l'école toute seule à pied. Une première fois qui tourne au drame puisque, sur le chemin de l'école, elle se fait enlevée par Wolfgang Přiklopil. Pendant 10 ans, elle sera prisonnière d'un cachot dans la cave de son ravisseur. Si elle ne subit pas de sévices sexuels, la petite fille sera tourmentée psychologiquement tout au long de sa détention. Les dernières années, elle sera même sévèrement tabassée à plusieurs reprises. De son enlèvement à sa fuite, elle nous raconte TOUTES ces années d'enfer !


NATASCHA KAMPUSCH, VOUS AVEZ DIT ? Elle indique au dos du roman "Je me sens désormais assez forte pour raconter toute l'histoire de mon enlèvement."


TOUT CE QUE J'EN PENSE On ne va pas se mentir, c'est un livre très dur à lire. Pas tant sur la difficultés des termes employés mais ce livre se révèle être un véritable coup de poing dans nos petites vies tranquilles. Je ne sais plus bien les raisons qui m'ont poussées à ouvrir ce livre. Quoiqu'il en soit, j'ai été littéralement chamboulée par l'histoire de Natascha.

Le début a été très malsain car j'ai été dérangée par ça :

nataschakampusch

Je ne comprenais pas la démarche de Natascha d'inviter ses lecteurs à fouiner dans sa vie alors que tout au long de son histoire, elle n'a cessé de clamer qu'elle aspirait au calme, à la tranquillité et à la liberté. Je décidais de ne pas rentrer dans son jeu et lire son bouquin sans scanner le moindre flash code.

Natascha Kampusch a une histoire familiale déjà très compliquée avant qu'elle ne se fasse enlever. Beaucoup de tensions avec sa mère qui l'a eue sur le tard et un père plutôt absent et vagabond. C'est en lisant ces prémisces que je me suis dit qu'on ne partait pas tous sur les mêmes bases dans la vie. Natascha explique bien qu'à son époque, suite à l'affaire Dutroux et à de multiples enlèvements, viols et meurtres de petites filles, tout le monde craignait les disparitions d'enfant. Le contexte plonge déjà le lecteur dans un climat malsain.

Et pourtant les mots de la jeune femme sont touchants, prenants tant ils sont criants de vérité. On assiste ensuite à cette force d'âme dont elle est dotée et qui lui permettra de tenir toutes ces années, sans jamais cessé de croire que sa famille l'aime (malgré les dires de son ravisseur) et qu'elle s'en sortira. Cette petite fille si fragile, si naïve brutalement plongée dans l'horreur et qui, pourtant, n'a jamais perdu la foi en la liberté et en l'autonomie. Elle croyait en la femme forte qu'elle deviendrait un jour. Pour cela, elle a toujours entretenu ses souvenirs, elle a toujours pensé à sa famille, sa maison, ses souvenirs. Elle s'est ancrée dans une réalité. Demandait toujours la date. Lisait et écrivait beaucoup. Elle n'a jamais rien oublié. Et s'est accrochée.

Natascha n'a jamais été violée. On est même surpris de voir à quel point Wolfgang Přiklopil prend soin de la jeune enfant malgré un déracinement forcé et une mise au cachot. Il lui recrée le décor de sa chambre, il la nourrit, lui offre des occupations (livres, séries, musique...)... D'ailleurs, la jeune femme décrit bien cette relation qu'elle avait avec le ravisseur. Finalement, elle a quitté son domicile familial et pendant qu'elle se construisait petit à petit en tant que femme et qu'elle avait plus que jamais besoin de siens, le ravisseur a été sa figure de référence. Sont seul point d'attache dans la vie. Les années passent et les conditions de vie de Natascha se détériorent. Elle se fait battre et subit de lourdes brimades psychologiques. C'est très dur de lire ces lignes. De voir Natascha se détruire. Etre sous-nourrie. De devoir travailler dans la maison de Priklopil à moitié nue. De faire des travaux durs pour une enfant de son âge. De subir autant d'humiliations. De ne pas connaître les réactions souvent démesurées du ravisseur. A la fin, Natascha a vécu un véritable enfer. Sans sa détermination à devenir une femme autonome, je pense qu'elle aurait pu mourir de ses sévices. Et pourtant, c'est cette relation ambigue qui permettra la jeune femme, au lendemain de ses 18 ans, te tenir sa promesse et de s'enfuir. Pour de bon.

Natasha n'épargne pas le lecteur dans son livre, tout comme elle n'a pas été épargnée. C'est super bouleversant. On se prend une grande claque et, croyez-moi, j'ai lu ce bouquin d'une traite (ou deux) mais jamais le soir avant d'aller me coucher. Je ne sais pas pourquoi j'ai été autant touchée par ce récit atroce. En fait, si, je sais. J'ai vécu un truc pas drôle et marquant la première fois que je suis sortie seule de chez moi. J'avais le même âge que Natascha. Cela s'est mieux fini qu'elle mais je crois que je me suis identifiée (à tort) à son cas. Ca chamboule !

Dans l'épilogue, Natascha Kampusch raconte ses mois et années après sa libération. Elle parle deson désir de normalité alors que plus rien ne sera jamais normal. Pour avoir été marquée au fer petite, je me demande comment elle, a pu y parvenir et s'il est possible d'y parvenir un jour.

C'est un livre très dur dont je parle aujourd'hui, un livre bouleversant qui nous laisse en état de choc. Mais on n'oublie à aucun moment que c'est une histoire vraie et qu'une enfant devenue femme aujourd'hui a vécu ces moments, a vécu ces horreurs... et s'en est sortie !


POUR QUI ?  Pour tout le monde. Ames sensibles s'abstenir.


C'EST LA PREMIERE PHRASE…  « Ma mère alluma une cigarette et en inspira une profonde bouffée. »


AU GUIDE MICHELINE  starsstarsstarsstars

   
CA PEUT AIDER … 316 pages aux éditions le Livre de Poche.

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10 mai 2015

PARS AVEC LUI et 3 questions à Agnès Ledig

pars avec lui


- On a beau craindre l'attendu, on n'arrive pas à refermer le livre -

L'HISTOIRE En voulant sauver la vie d’un enfant, Roméo, un jeune pompier, se retrouve à l’hôpital, gravement abîmé et sans plus aucune certitude sur son avenir. C’est Juliette (oui, oui, Roméo et Juliette : on n’a peur de rien), infirmière en réanimation, qui s’occupe du jeune pompier à qui elle tentera de redonner foi en la vie. C’est bien beau quand soi même on a du mal à gérer la sienne : un compagnon violent, une solitude ancrée, un bébé qui ne vient pas… Finalement, on ne sait plus vraiment qui est la béquille de l’autre.


AGNES LEDIG, VOUS AVEZ DIT ? Agnès est une auteure à succès. Elle a notamment remporté le Coup de coeur du grand prix des lecteurs de Femme Actuelle.


TOUT CE QUE J'EN PENSE J’avais hâte de me replonger dans un roman d’Agnès Ledig après avoir ADORÉ (oui tant que ça) son premier opus : Juste avant le bonheur. Pour rappel, c’est LE livre qui aurait pu me faire pleurer. C’est pour dire que j’attendais le suivant. Je m’étais dit que j’allais attendre qu’il sorte en roman de poche pour l’acheter et puis, vous me connaissez, la patience n’étant pas ma première qualité…

Il a suffi d’un creux dans mes lectures (malgré les 10 bouquins en attente sur ma table de chevet)(parfois, on n’a juste pas envie) pour que je me précipite dessus. Ca n’a pas loupé : j’ai encore dévoré ce roman d’Agnès Ledig en moins de temps qu’il n’en faut.

J’ai eu un peu peur au début : un titre qui sonne comme Musso et moi, je prends peur.

L’intrigue est plus légère, l’histoire a des airs de déjà vu et les personnages un peu clichés (Roméo et Juliette). Le plus important, c’est qu’au final, on a beau craindre l’attendu, on n’arrive pas à refermer le livre. On est comme happés par les mots, les chapitres, le livre entier… On a envie de (re)croire à l’amour, à la belle rencontre.

La plume d’Agnès Ledig n’a donc pas fini de nous émouvoir par le quotient de vie de chacun de ses personnages, les interrogations sur le futur, les petits moments de la vie que l’on ne voudrait pas oublier et la question du bonheur que l’on finit par se poser en refermant le bouquin. Une vie toute tracée ? Etre là où on ne nous attend pas ? Pas facile de faire le bon choix, encore faut-il qu’il y en ait un.

Le secret de l’auteur ? Pas besoin d’en faire trop. Pas de ruban ni de paillettes dans le choix des mots. C’est simple, ça coule de source… Et ça semble tellement réalisable qu’on s’identifie forcément à cette histoire.

Ensuite, ce livre a soulevé un débat avec une copine. Je trouvais que le schéma était parfois simple : Juliette galère, elle vit avec un « méchant », elle est très malheureuse mais dans son camp, elle a une adorable grand-mère (qui déteste le méchant), un jeune pompier fou d’elle et qui est TELLEMENT adorable… Et ça va suffire pour lui faire retrouver le bonheur. Elle, elle me soutenait que ce n’était pas possible autrement aussi. On a envie de ça, on n’attend que ça : que Juliette quitte son mari, retrouve le sourire et tombe dans les bras de Roméo. Pouvait-il en être autrement ? Bon, j’avoue que c’est un peu vrai. Et même si on regrette un tout petit peu le manque de surprise, on se laisse convaincre.

On en ressort apaisés. Réconfortés. Reboostés. C’est possible.

3 QUESTIONS À AGNÈS LEDIG... Comment naissent vos personnages ? Est-ce qu’on se nourrit des gens qui nous entourent ou est ce qu’ils sont complètement fictifs ?

Les personnages s'inspirent de tout ce que j'observe autour de moi, sans pour autant les faire ressembler à des personnes réelles. J'imagine beaucoup, en leur collant des traits de caractères ou des émotions réelles

Le courage d’affronter ses démons dans la vie est le thème de ce roman. En quoi cela vous tient il à cœur ? Des regrets ? Un message ?

Concernant les démons de la vie, cela me tient à coeur, car je constate que beaucoup de gens souffrent à cause de cela... J'éprouve le besoin d'y réfléchir et peut-être de faire réfléchir pour les remplacer par des anges bienveillants.

Pouvez vous nous livrer un petit secret sur le prochain roman, celui que vous êtes en train d’écrire ?

Je parlerai beaucoup d'amour dans le prochain, et d'attente... et de choix.... d'autres démons... ;-)


POUR QUI ?  Pour tous ceux qui ont envie de croire à l'amour.


C'EST LA PREMIERE PHRASE…  « Elle nous supplie à genoux de sauver son fils.»


AU GUIDE MICHELINE  starsstarsstarsstars

   
CA PEUT AIDER … 638 pages aux éditions Albin Michel.

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15 avril 2015

SPIRALES de Tatiana de Rosnay

- La fameuse spirale infernale ! -

spirales

L'HISTOIRE Hélène est une bourgeoise de 50 ans qui a une belle vie rangée : un mari éditeur pour qui elle prépare des dîners avec ses auteurs, elle occuppe ses journées à aider les autres et a des enfants qui réussissent dans la vie. Et pourtant... Alors que sa vie a toujours été menée par la raison et la sagesse, Hélène tombe dans les bras d'un inconnu. Juste une fois. Cela aurait pu être sans conséquence si cet homme n'était pas mort après leurs ébats.

TATIANA DE ROSNAY, VOUS AVEZ DIT ? Tatiana de Rosnay est écrivain, scénariste et journaliste. Elle a écrit son premier roman à l’âge de 10 ans dans un cahier d’école. Elle a très vite compris qu’elle ferait de l’écriture sa vie.

TOUT CE QUE J'EN PENSE Voici un roman efficace qui se lit très rapidement. Moins de 200 pages et 2 soirées plus tard, il était englouti.

On est vite au coeur de l'action puisque l'image de la femme parfaite est vite enrayée par sa coucherie cauchemardesque. C'est alors que l'on rentre dans une histoire de bonne (ou mauvaise) conscience et de mensonges. La fameuse spirale infernale !

Les apparences sont parfois trompeuses car Hélène, habituellement si sage, si réservée... devient un as en matière de mensonges et en trompe plus d'un avec son histoire à s'en retourner le cerveau.

Ce roman pose clairement la question : Jusqu'où peut aller le mensonge ? Pour soi, d'abord. Histoire de ne pas devenir maboule parce que le mensonge ronge de l'intérieur. Et ça, Tatiana de Rosnay le décrit à merveille. Mais aussi pour son entourage. Comment peut-on regarder sa famille en face en sachant que les dernières semaines n'ont été que bobards ? Comment revenir à la vérité une fois que l'on s'est trop enlisé ? Comment avoir le cran de s'enfoncer et de trouver d'autres explications ? Un mensonge en appelle un autre...

Et c'est sûrement l'ingrédient qui maintient le lecteur jusqu'au bout : comment va t'elle pouvoir s'en sortir ? Franchement ? Durant toute la lecture, je n'ai cessé de croire qu'elle allait tomber. Je ne voyais pas d'autre issue.

Si d'ordinaire les auteurs s'efforcent de créer des personnages attachants auxquels on s'identifie, c'est moins le cas ici. En effet, peut-être une question d'âge pour commencer. Je ne vis pas les mêmes choses qu'Hélène. Et puis, on se permet de juger également : a t'elle bien fait ou pas de se couvrir ? On comprend à la limite qu'elle cède à la tentation mais on se détache totalement de son mensonge. Par lâcheté, sans doute. Sommes-nous tous persuadés que dans sa situation nous aurions été des modèles de franchise ? Toutefois, j'ai quand même éprouvé de la compassion pour cette bonne femme qui ne voulait rien faire de mal, qui a pris UNE fois un chemin de traverse (ça arrive, hein) et qui se retrouve au coeur d'une enquête judiciaire. Peut-être que tous ces mensonges sont une façon de ne pas croire à ce qui arrive, de se protéger.

Alors oui, effectivement, quelques détails sont incohérents dans l'enquête, ça gêne un peu la lecture mais on les oulie vite lorsque la spirale du mensonge est enclenchée.

Tatiana De Rosnay a imaginé une fin suggérée qui laisse libre interprétation au lecteur. Une façon sans doute de le faire participer et d'enclencher son imagination. Why not...

POUR QUI ?  Pour ceux qui cherche une lecture rapide qui tient en haleine !

C'EST LA PREMIERE PHRASE…  « Il n'a pas bougé. » 

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CA PEUT AIDER … 185 pages aux éditions Le livre de poche

 

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21 janvier 2015

LA THEORIE DE LA CONTORSION de Margaux Motin : une BD de filles à dévorer

 

 

 

 

- Elle parvient toujours à mettre le doigt là où ça fait rire ! -


L'HISTOIRE  Dans la théorie de la contorsion, Margaux Motin se met toujours en scène dans ses périples quotidiens d’une Parisienne trentenaire, maladroite, tantôt accro (ou plutôt hystérique) aux chaussures, tantôt déprimée du cheveux sale et qui refuse qu’on la mette pour autant dans des cases.


MARGAUX MOTIN, VOUS AVEZ DIT ? Margaux est une illustratrice qui s’est fait connaître avec un blog frais et décalé. Elle explique elle même avoir connu la galère : les études, les petits boulots avant enfin de se lancer et d’aller à la rencontre de groupes de rédaction. Cela lui permettra de se créer un réseau et de développer son activité. Aujourd’hui, elle en est à sa troisième BD.


TOUT CE QUE J'EN PENSE Nouvelle BD sur le blog ! Et j’en suis très contente : c’est un cadeau d’anniversaire que j’ai eu du mal à ne pas dévorer en 10 minutes. Première illustration, je me marrais. La seconde ? Je me poilais. La troisième ? Je pleurais ? Comment résister alors ?


Parlons dans un premier temps de ses dessins qui sont si féminins, remplis de détails et aux couleurs juste comme il faut. Pour avoir lu sa première BD, J’aurais préféré être ethnologue, je dois dire que j’ai l’impression que le trait s’est amélioré, la drolerie de ses dessins et de ses dialogues s’est magnifiée. Passer de l’un à l’autre, ça n’a rien à voir même si l’on retrouve forcément la “touch” M.M.


Ce qui me plaît le plus dans cette BD, c’est vraiment l’humour de l’illustratrice. C’est pourtant bête toutes ces situations quotidiennes que l’on vit toutes chaque jour, ces 36 000 questions que l’on se pose à la seconde quand il s’agit d’amour ou ces interrogations vestimentaires avant chaque sortie. Elle parvient à toujours mettre le doigt là où ça fait rire ! Et c’est cette “no prise de tête” qui nous fait du bien, nous arrache moult sourires et nous déculpabilise de cette pression du quotidien à être une femme (belle et sexy) en toute circonstance.


Entre nous, je crois que je vais acheter la dernière : la tectonique des plaques. Promis, je vous raconterai !
 
POUR QUI ?  Pour toutes les nanas. Il est IM-PO-SSI-BLE de ne pas s’y reconnaître ! A moins de vivre dans une grotte toute noire.

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15 janvier 2015

LES SOUVENIRS de David Foenkinos – avant et après que ça ne sorte au cinéma


- C’est avec de tels livres que je suis tombée amoureuse de la plume de Foenkinos. -

L'HISTOIRE  Le narrateur est un jeune homme attachant : on le sent seul, on le sent désaimé par ses parents, il travaille seul, la nuit à la réception d’un hôtel et espère profiter de ce temps de solitude pour écrire son roman –qui ne viendra jamais. Il rend aussi visite à sa grand-mère, placée dans une maison de retraite contre sa volonté et dont les propres fils semblent oublier l’existence. Et quand celle-ci fugue, le jeune homme lui même part à sa recherche qui le ménera aussi sur le chemin de l’amour.


DAVID FOENKINOS, VOUS AVEZ DIT ? Etudiant en lettres à la Sorbonne dans un premier temps, professeur de guitare aux sonorités jazz ensuite, David Foenkinos fait également partie des romanciers nouvelle génération. La délicatesse est son 8ème roman.


TOUT CE QUE J'EN PENSE C’est avec de tels livres que je suis tombée amoureuse de la plume de Foenkinos !


Une histoire tellement attachante, des personnages attendrissants, la magie des mots méticuleusement choisis… Il n’en faut pas plus –pour moi- pour me laisser embarquer dans cette tranche de vie. Le narrateur, ce solitaire endurci qui a transformé le manque d’amour de ses parents en âme d’artiste et qui fait tout pour offrir des derniers rêves à sa grand-mère m’a touché au plus haut point.


A chaque fois, je suis surprise par cet optimisme qui change inconditionnellement de bord dans ces romans. Qu’est vraiment le bonheur après tout ? La poésie de Foenkinos finit toujours par tomber dans la banalité du quotidien. Elle en est là toute l’horreur –et la réalité pourtant- du récit. L’histoire d’amour entre Louise et le narrateur n’y échappera pas.


Dans ce roman, on parle du souvenir, des souvenirs, de ceux des autres aussi. Ainsi, chaque chapitre est entrecoupé par le souvenir d’un personnage, d’un figurant, d’une personnalité citée. Encore une fois, le procédé est propre à l’auteur qui a le don de rythmer la lecture par ces petits moments figés dont il a le secret.


Avec cette histoire de grand-mère, de vieillesse qu’on délaisse, on se sent forcément proche de la famille du personnage. Cela nous renvoie forcément à la notre, à notre histoire, à ce qu’on devrait faire, qu’on ne fait pas, à nos regrets, à l’amour des nôtres…
On n’oublie pas la touche d’humour de Foenkinos même dans les moments les plus sombres et son sens du détail inutile qui transforme le roman en une oeuvre personnelle. Ce ne serait pas vraiment lui autrement…


Et vous savez pas quoi ? Le film adapté du roman sort… ah bah ! Hier ! Je vous avoue que j’avais très envie de le voir car j’adore Jean-Paul Rouve mais je craignais en même temps l’adaptation. On sait tous que c’est un exercice périlleux. J’avais peur de perdre l’âme de Foenkinos. Surtout que le roman était bien ancré en moi. Je venais juste de refermer le livre quand le film a commencé.

Et bien je n'ai pas été déçu ! C'est un si beau film écrit par Jean-Paul Rouve et Foenkinos lui même. Et que dire du si mignon Mathieu Spinosi et du drôlissime William Lebghil ! Bon, pour être honnête, c'était juste un peu trop tôt pour le voir au cinéma car je n'ai eu aucune surprise, l'adaptation est bien fidèle au roman (même si certains passages ont dû être zappés pour la cohérence du scénario). J'ai trouvé le film touchant, drôle et émouvant à la fois ! Chaque personnage a son âme. Chaque situation est juste. Un bel essai transformé !

A voir ! Mais à lire avant !


POUR QUI ?  Pour tous ceux qui ont tendance à oublier que c’est avant que les gens partent qu’il faut en profiter !


C'EST LA PREMIERE PHRASE…  « Il pleuvait tellement le jour de la mort de mon grand-père que je ne voyais presque rien.»


AU GUIDE MICHELINE  starsstarsstarsstarsstars

   
CA PEUT AIDER … 290 pages aux éditions Folio.

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11 décembre 2014

LA PREMIERE CHOSE QU'ON REGARDE DE Grégoire Delacourt

- Je n'ai pas pu m'empêcher d'imaginer ce que j'aurais fait
si j'avais retrouver Colin Farrell sur mon palier. -

livre

L'HISTOIRE  Que feriez-vous si une somptueuses actrice Américaine comme Scarlett Johanson frapait un soir à votre porte ? Comment réagiriez-vous ? Arthur Dreyfuss a d’abord du mal à y croire, avant de se laisser porter par cette situation incongrue, se laisser séduire par la belle et découvrir le pot aux roses.

GREGOIRE DELACOURT, VOUS AVEZ DIT ? Originaire du Nord de la France, Grégoire Delacourt est publicitaire avant de devenir écrivain. Il est notamment connu pou son best seller La liste de mes envies, son deuxième roman.

TOUT CE QUE J'EN PENSE Voilà une intrigue qui a titillé ma curiosité ! D’ailleurs, je n’ai pas pu m’empêcher d’imaginer ce que j’aurais fait si j’avais retrouvé Colin Farrell (au pif, hein) sur mon palier… Et donc avec cette base de roman originale, Grégoire Delacourt m’a encore emmenée dans une belle histoire, teintée de douceur et d’émotion. Souvenez-vous, j’avais beaucoup aimé La liste de mes envies, son best seller. Et je ne suis pas déçue avec le deuxième livre que je lis de lui.

J’ai trouvé tous ses personnages intéressants. Arthur est ordinaire et très attachant (on aimerait être aimée comme il aime)(ouais je sais beaucoup trop de “aimer” dans cette phrase mais je fais ce que je veux), Scarlett est ambigue, PP, le garagiste, est un peu naïf et puis cette foule incessante qui s’emballe et s’emmêlent les pinceaux, la plaçant ainsi au rang “d’idiote du village”. Comme si l’amour d’Arthur et de Scarlett était bien au dessus de tout ça…

Finalement, on y parle bien des apparences : ce qu’elles nous amènent à être… et même si c’est parfois contre nature. On est tous soucieux de savoir ce que l’on renvoie. Ce bouquin permet de se poser la question si à force de “vouloir être”, on ne se perdrait pas dans un tourbillon de narcissisme contre nature.

Le style de Grégoire Delacourt est toujours agréable à lire. Pourtant, je n’ai pas eu l’impression de “retrouver” l’auteur dans sa plume. Elle était un poil différente de son autre roman. Attention, je ne dis pas que c’est déplaisant. Parfois, on s’attache à la patte d’un écrivain. En l’occurrence, on se retrouve plongés dans un autre univers, un autre contexte, d’autres personnages, d’autres lieux, de nouveaux rythmes…

Le roman est aussi truffé de références littéraires. Bon, il y en a un peu beaucoup (et pas mal que je ne maitrisais pas) mais dans le fond ça rend encore plus le personnage ancré dans sa poésie et ça révèle toujours plus la beauté de certains passages.

Le bémol ? La fin ! Pouquoi, quoi ? Je l’ai trouvé un poil tirée par les cheveux et facile. Mais bon, vous commencez à comprendre que j'ai un problème en général avec les fins de roman. Je suis peut-être un peu remontée contre cette queue de poisson au roman. Sans doute parce que je voulais que cela dure éternellement… Suis comme ça, mon petit côté sentimental ;-)

Dans tous les cas, on passe encore une fois un agréable moment de lecture avec Grégoire Delacourt… euh… Arthur Dreyfuss ! 

POUR QUI ?  Pour tous ceux qui souhaitent rêver que c’est possible, ça peut arriver, et pas qu’aux autres !

C'EST LA PREMIERE PHRASE…  « Arthur Dreyfuss aimait les gros seins.»

AU GUIDE MICHELINE    starsstarsstars stars

CA PEUT AIDER … 212 pages aux éditions Le livre de Poche.

CE QU'ILS EN ONT PENSE... "Ce roman est œuvre pleine de grâce et d’émotion. C’est aussi un livre sans fausse note, truffé d’effleurements sensibles. Une gouaillede poéte, planquée dans un roman faussement simple."Karine Papillaud, Le point.

"Un troisième roman éblouissant."Femme Actuelle

 

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19 novembre 2014

Mon premier Ebook : Le nombril de Elisabeth Cadoche + SURPRISE

- On aurait pu tomber dans le fantastique et partir loin, très loin dans des délires paranormaux.-

L'HISTOIRE  Adam Zweig a une identité civile. Pourtant, il est rongé par le secret de sa véritable identité : il n’a pas de nombril. Cette particularité a été un véritable secret de famille et une grande honte tout au long de sa vie. Comment voulez-vous faire l’amour à une femme sans passer pour un extra terrestre ? A la mort de sa mère, Adam part en quête de vérité : il va faire la lumière sur son histoire.

ELISABETH CADOCHE, VOUS AVEZ DIT ? Elisabeth vit entre Paris et Bangalore, Elisabeth écrit pour les enfants et la télévision, Elisabeth aime aussi la photo et Gérard Lenorman. Et Elisabeth a répondu à quelques-unes de mes questions. Oui, oui ! RDV à la fin de ce billet !

TOUT CE QUE J'EN PENSE Une bonne lecture comme j’aime ! Le sujet est original : un homme sans nombril qui se demande d’où il vient… On aurait pu tomber dans le fantastique et partir loin, très loin dans des délires paranormaux. Pour le coup, j’ai apprécié que les personnages restent ancrés dans cette réalité. Finalement, le fil rouge, c’est le nombril d’Adam, les secrets et les faces cachées de sa mère, son amour éternel pour Madeleine, son amitié avec Tom, le copain qu’on a tous dans notre entourage. Et puis autour, il y a cette vie, si banale et pourtant si proche de la nôtre.

L’amitié, l’amour, le sexe mais aussi la question des origines. Autant de thèmes abordés qui font qu’on s’y retrouve forcément !

Et même si j’ai trouvé quelques phrases maladroites (dans le sens un peu “too much”), j’ai été touchée par la plume d’Elisabeth Cadoche (que je ne connaissais pas du tout). Normal, c’est son premier roman ! J’ai aimé son approche des beaux mots, de la belle formule. Elle m’a embarqué dans son navire !

Cel livre a aussi été une première expérience pour moi. Celle du ebook. Quand on m’a proposé de lire ce roman, j’étais un poil dubitative car, jusqu’à présent, pour moi, le livre c’était du papier. Curieuse que je suis, je me suis vite prêtée au jeu. Alors, les débuts ont été difficiles : il faut apprivoiser la lecture sur tablette, c’est déstabilisant, il faut maîtriser l’application, savoir comment tourner les pages (j’ai bien dû mettre 10 pages avant de comprendre), il ne faut pas que la tablette tombe en rade de batterie au milieu d’un chapitre (humm)(si comme moi, tu ne penses jamais à recharger ta tablette, tape dans tes mains !)… Mais je dois bien avouer que ce n’était pas déplaisant, on s’y fait vite et je peux l’assurer : je recommencerai !

En somme, un livre (électronique) qui parle d’espoir et de courage (faut savoir prendre le taureau par les cornes) qui n’a pas son pareil pour nous divertir. Une jolie découverte !

POUR QUI ?  Pour tous ceux qui veulent découvrir un roman sous un angle nouveau !

C'EST LA PREMIERE PHRASE…  « Ce matin, en allant au lycée pour donner cours aux élèves de Première Scientifique, je m’éfforçais de ne pas sombrer dans mes souvenirs.»

AU GUIDE MICHELINE   starsstarsstars 

CA PEUT AIDER … 156 pages aux éditions 31 Editions.

 ELISABETH A BIEN VOULU RÉPONDRE À QUELQUES QUESTIONS...

Comment vous est venue cette idée autour du Nombril ? C'est quoi le point de départ ?
"L'idée m'est venue absolument par hasard, une réflexion sans raison précise sur ce que nous partageons tous et ce qui nous différencie les uns des autres. L'absence de nombril était une hypothèse incongrue et je ne souhaitais pas faire de science-fiction, mais plutôt un roman avec une anomalie."
 
Pendant la lecture, je souriais parce que je devinais dans votre écriture, l'amour des beaux mots. Ces beaux mots qui sonnent bien, qu'on utilise peu et qui donnent du style, du peps à votre plume ? Selon vous, d'où vient cet amour des beaux mots ?
"Tant mieux si je vous ai fait sourire. Oui, j'aime les mots, j'aime triturer la langue, j'aime l'étymologie (je suis latiniste) et cela vient sans doute de mon goût pour la lecture. Je suis auteur mais avant tout, je suis lectrice, une lectrice dévoreuse."

Auriez-vous pu imaginer une autre fin pour ce roman ? Une fin peut-être un peu moins parfaite ou fallait-il qu'Adam soit  heureux sur tous les plans ? (je pose la question car je suis une inconditionnelle des happy ends)
"J'aurais pu imaginer une fin différente sur le plan de la résolution de l'énigme, mais le lecteur aurait été frustré. Mais sur le plan amoureux, impossible d'imaginer une fin malheureuse, je l'avoue, je suis comme vous, j'aime les happy ends."

Croyez-vous à la chance ? Au destin ? Cela a t'il influencé votre roman ?
"C'est une vaste question. Je crois à la chance et aux bonheurs du hasard. Le destin est une notion un peu trop mystique, trop religieuse et j'aime penser que c'est nous qui imposons notre chance."


Merci à Elisabeth Cadoche pour avoir pris le temps de répondre aux questions.
Et à Ginie pour la découverte du livre.

 

 

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30 octobre 2014

RIEN N'EST TROP BEAU de Rona Jaffe

- Je craignais me prendre en pleine face une flopé de considérations vieillottes
et un roman qui rame pour me maintenir en haleine. J’ai eu tort. -

L'HISTOIRE  Caroline Bender, Barbara Lemont et aussi April, Mary-Agnes et Gregg… Toutes ces jeunes femmes devenues secrétaires dans les années 1950 et qui nourrissent toutes le même rêve : se marier. Leur nouvelle vie à New York sera jonchée d’opportunités, de rencontres, d’amourettes mais aussi de déceptions.

RONA JAFFE, VOUS AVEZ DIT ?Rona Jaffe connaît bien son sujet puisqu’elle a elle-même travaillé pendant 4 ans dans une maison d’édition. Durant sa carrière d’écrivain, elle aura publié 16 romans dont Rien n’est trop beau qui est le premier. Elle nous quitte en 2005 après avoir fait rêver des générations entières de femmes.

TOUT CE QUE J'EN PENSE Cela devait bien faire quelques mois que ce roman campait sur ma liste des livres à lire sans pour autant que je ne daigne l’acheter. Lire un livre écrit dans les années 1950 ne m’emballait pas des masses. Je craignais me prendre en pleine face une flopé de considérations vieillottes et un roman qui rame pour me maintenir en haleine. J’ai eu tort.

Je ne vais pas vous cacher que ce roman de Rona Jaffe est un vrai bouquin de filles. Il a été écrit dans les années 1950 et a été un vrai best seller, surtout aux Etats Unis. Il a fait rêver des milliers de jeunes femmes et des générations entières aux rêves d’indépendance et de liberté. Vaste sujet que l’émancipation féminine ! On travaille pour se dire indépendante mais dès qu’on trouve un époux, on se range au rang de femme au foyer. On se soumet aux désirs les plus fous de son employeur pour ne pas se faire virer prématurément. On fume, on boit, on flirte, on couche… Au diable les valeurs ! C’est l’effervescence de Manhattan : on peut avoir le choix !

Il a donc été très agréable de me plonger pendant 669 pages dans une autre époque, une époque où les femmes jouaient des coudes pour exister. J’ai toujours eu des idées un peu féministes, je me suis jamais laissée faire quand, même en 2014, on subit des remarques sexistes. J’ai donc pris beaucoup de plaisir à lire le quotidien de ces femmes où tout n’était pas gagné d’avance, où il fallait encore être belle et se taire, où les hommes étaient encore décisionnaires majoritairement et où tout n’était pas si naturel. Ces jeunes femmes ont toutes le point commun d’avoir fait un choix : celui de travailler. Dans ce livre, ça sonne presque comme une revendication.

J’ai découvert aussi cette auteure, encore inconnue pour moi jusque-là et qui a su me transporter dans une époque que je ne connais pas et de destin en destin. Avec notre recul et notre œil avisé, on pourrait subtilement relever quelques allusions modernes à Sex and the City et une ambiance dignes de certains épisodes de Mad men.

Alors à vous de jouer et de vous lancer. Un petit voyage dans le temps, ça vous dit ?

 

POUR QUI ?  Pour tous ceux qui veulent vivre dans la peau d'une jeune Américaine des années 50 !

C'EST LA PREMIERE PHRASE…  « On les voit chaque matin à neuf heures moins le quart, émergeant des bouches de métro, sortant de Grand Central Station, traversant Madison Avenue, Park Avenue ou la Cinquième Avenue, on les voit par centaines.»

AU GUIDE MICHELINE  starsstarsstars stars

 

CA PEUT AIDER … 669 pages aux éditions Le livre de Poche.

CE QU'ILS EN ONT PENSE... "Un roman passionnant  et édifiant sur ce que fut la vie de ces femmes qui allaient finalement révolutionner ce que l'on n'appelait pas encore la condition féminine" - Florence Dalmas, Le Dauphiné libéré

"Ce récit peut se lire soit comme un roman un peu désuet, mais plein de charme, soit comme le document d'une époque. Dans un cas comme dans l'autre, on se régale." - Pascale Frey, Elle

 

 

 

 

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