En cas de bonheur de David Foenkinos****
Jean-Jacques, sur les conseils de son amis célibataire Edouard, décide de pimenter sa vie amoureuse en entamant une liaison avec la belle et jeune Sonia. Seulement, quand sa femme Claire découvre le pot aux roses, elle le quitte. Jean-Jacques se retrouve alors seul à payer le prix d'une solitude qu'il ne souhaitait pas vraiment.
Etudiant en lettres à la Sorbonne dans un premier temps, professeur de guitare aux sonorités jazz ensuite, David Foenkinos fait également partie des romanciers nouvelle génération. La délicatesse est son 8ème roman.
C'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai retrouvé Foenkinos après avoir lu La Délicatesse, au risque d'être déçue.
Mais non. Enfin, ça n'a pas été évident. Au début, je ne trouvais pas tous les ingrédients qui avaient fait de La Délicatesse un vrai régal : un discours libertin, des mots francs, du rythme et le sens du détail inutile.
Petit à petit, il est revenu mon petit David au détour d'une phrase ou de pensées futiles. Il a aussi su me faire décoller avec ses histoires d'amour si banales et si extraordinaires, si simples et si compliquées. David est l'auteur qui sait ajouter de la profondeur et une once de cynisme là où il n'y en a pas et là on en n'en attend pas. J'adore !
Avec Foenkinos, on a envie d'acheter l'un de ces petits carnets qui ne nous quittent pas et d'y noter des phrases marquantes, presque philosophiques dans lesquelles on pourrait se replonger dans nos propres vies.
Dans ce bouquin, l'auteur étudie le rapport aux autres ou plutôt l'influence des uns sur les autres, les sentiments, les durs choix de la vie, leur incidence...
Encore une fois, chaque personnage a ici son importance. Même les figurants passent sous les projecteurs comme si, David Foenkinos ne voulait oublier personne et attribuer à chacun son petit moment de gloire, même quand celui-ci n'apporte pas grand chose au roman. Une façon de prendre les évènements de la vie à la légère ? Pas forcément. Peut-être s'agit-il plus d'une façon de relativiser nos vies, prendre du recul. Encore un coup de génie de la plume de l'auteur !
Et si les choses n'arrivaient jamais par hasard ?
Bref, vous l'aurez compris. J'ai été très emballée par ce bouquin et j'envisage d'acheter Le pouvoir érotique de ma femme afin de parfaire ma lancée.
Aux éditions J'ai lu
190 pages
4,80 euros
Ils l'ont lu...
"Il y a des romans d'amour qui sont déjà des films d'amour. Mais Truffaut n'est plus là pour les tourner. Alors mieux vaut s'en tenir aux romans, aux rares romans d'aujourd'hui qui parlent vraiment d'amour. L'amour que nous avons vécu, l'amour que nous allons vivre, c'est sûr, l'amour que nous rêvons de vivre. Merci, Foenkinos." Erik Orsenna, de l'Académie française.
"Jubilatoire ! David Foenkinos, auteur farfelu et facétieux, ne déroge pas à sa réputation. Pour cette réjouissante épopée, il se plaît dans la comédie sociale et distille ses réjouissantes sentences en dissertant une fois encore sur l'avenir de la vie conjugale." Nathalie Vallez de Elle.
Quelqu'un l'a lu ? Et vous, connaissez-vous Foenkinos ? L'appréciez-vous ?

Meurtres entre soeurs de Willa Marsch****
Angleterre, dans les années 1950. Mo et Pa scellent leur amour en habitant avec leurs filles respectives, Em et Liv, et en leur offrant une petite sœur, Rosie. Un cadeau empoisonné qu'elles tenteront d'éliminer à tout prix. C'est sans compter sur la perversité de cette petite sœur, qui ruinera leur vie jusqu'au bout !
Willa Marsh est une anglaise qui a écrit une vingtaine de romans depuis ses 50 ans.
Ce roman a reçu le Prix des lecteurs en 2011.
Enfin un livre avec du piquant, qui bouleverse tout ce qu'il y a de plus cucul habituellement !
Car si nous sommes souvent à la recherche d'histoires d'amour, il est si bon de se plonger dans une lecture vile et cynique avec malice et gourmandise. Je vous sers encore une dose d'humour noir ?
Vif et prenant, il vous faudra moins de temps pour vous délecter de ce bijou à l'anglaise. Il est la preuve que la quête du bonheur va parfois à l'encontre du bien et qu'on met tout son cœur à l'ouvrage pour exterminer ceux qui empoisonnent notre existence !
Et quand le fond est bon, l'irritable nous fait passer du côté sombre de la force, nous obligeant à commettre l'irréparable.
La plume dithyrambique de l'auteur vous fait aimer les gentils et détester les autres. On crie à l'injustice jusqu'à ce que la rage et le désespoir prennent le dessus. On aime cette histoire de vies, pourries par l'aigreur d'une personne. Le désespoir d'être à l'écart, l'amour fraternel, la solitude à la vieillesse, l'alcoolisme... On y aborde sans aucun tabous de nombreux thèmes de société avec franchise.
La British Touch de Willa Marsh à travers la vie paisible à l'anglaise, un humour particulier et des personnages très cernés vient apporter une touche onctueuse et une pointe de profondeur à ce roman.
Attention, vous jubilerez jusqu'au point final orgasmique !
Ce livre risquerait de révéler tout ce qu'il y a de plus mauvais en vous ;-)
Ils l'ont lu...
« Willa Marsch brosse un tableau acide des relations fraternelles, de l'âge tendre jusqu'à la retraite sur le petit air de « famille, je vous hais ». L'humour évidemment très british offre un efficace contrepoids au cynisme du propos. » FRANCOISE DARGENT pour LE FIGARO LITTERAIRE
Aux éditions Le livre de poche
252 pages
6,50 euros
Un extrait : « Mo est abasourdie et chagrinée de constater qu'Emmy et Liv sont prêtes à être séparées. Elles pressentent que le moment est venu de changer de vie. Cela fait quatre ans qu'elles sont interchangeables, Livy et Em, Emmy et Liv. Mo s'est même arrangée pour qu'elles fêtent leur anniversaire le même jour, à égale distance entre les deux dates. Elles vont jusqu'à partager le même gâteau avec le double de bougies. Mo les habille de façon identique, comme si elles étaient jumelles. Elles désirent se libérer de tout cela et affirmer chacune leur personnalité.
- Ca pourrait être sympa d'avoir du temps juste pour nous, siggère Pa, dans l'espoir de faire entendre raison à Mo. »

La chute des géants de Ken Follett***
Stratégie, amour, première guerre mondiale, révolution… Depuis 1911 à 1924, 5 familles (américaine, russe, allemande, anglaise, galloise) se préparent aux évènements qui ont marqué le début du siècle dernier.
Ken Follett propose ici le premier volet d’une trilogie historique ambitieuse et passionnante. Ce Gallois diplômé de philosophie a longtemps travaillé comme journaliste avant de se lancer dans l’écriture.
Quel exercice de style ! Destins croisés, passion, contexte économique difficile, espionnage… Tout ça en préservant à merveille l’histoire telle qu’on la connaît.
On assiste à la montée en puissance des Etats Unis, la déchéance de la Russie et les enjeux des autres contrées à une échelle néanmoins humaine grâce à l’immersion dans les vies de ces beaux personnages aux valeurs et aux milieux sociaux différents.
Autant de sentiments que d’histoire pour ne pas de sentir devant un manuel scolaire.D’ailleurs, si j’avais pu apprendre l’histoire avec Ken Follett, j’aurais sans doute décroché plus que 12/20 au Baccalauréat. Ne vous fiez pas aux plus de 1000 pages de cet ouvrage parce que vous l’aspirez plus vite que vous ne le pensez.
Chacun des personnages a ce petit truc qui fait que le lecteur se sent proche, qu’il ait soif de découvrir ses prochaines aventures qui changeront à coup sûr le cours de sa vie. Tous décisionnaires, ils ont entre leurs mains le pouvoir d’apporter leur pierre à l’édifice, de changer le monde.
Espoirs déchus, rêves, amours cachées, inavouées, dévoilées… Ils aspirent tous à cette tranquillité personnelle souvent chamboulée par les évènements extérieurs.
Ce livre pourrait vous faire aimer les romans historiques. Je ne manquerai pas de lire les prochains tomes.
Aux éditions Le livre de poche
1048 Pages
Première parution française en 2010 aux éditions Robert Laffont
Un extrait : « C’était la pause. Billy Williams et Tommy Griffiths se trouvaient dans la veine dite des Quatre pieds, à six cents mètres de profondeur seulement, plus près de la surface que le niveau principal. La veine était divisée en cinq secteurs qui portaient tous le nom des champs de course anglais, et ils étaient à Ascot, le plus proche du puis d’aération. Les deux garçons travaillaient comme hercheurs et étaient chargés d’aider les mineurs plus expérimentés. Ceux-ci utilisaient leur pic, une pioche à lame droite, pour abattre le charbon du front de taille, que les hercheurs chargeaient dans des berlines. Ils s’étaient mis au travail à six heures du matin, comme toujours, et maintenant, au bout de deux heures, ils faisaient une pause, assis sur le sol humide, adossés à la paroi de la galerie, laissant le souffle léger du système de ventilation rafraîchir leur peau, avalant de longues gorgées de lait sucré tiède à la bouteille. »

Le coeur d'une autre de Tatiana de Rosnay****
Bruce Boutard, ce quadragénaire, informaticien, bourré de principes et légèrement vieillot dans l'âme, est atteint d'une maladie cardiaque nécessitant une greffe. Une fois son nouveau coeur reçu, il se surprend une obsession pour des tableaux d'un maître de la Renaissance, pour la couleur rouge et à s'émouvoir dans de nombreuses situations... Si cela l'aide avec les femmes, il est persuadé que tout cela est lié avec la vie de son donneur. Le voilà donc parti dans une drôle de quête.
Tatiana de Rosnay est écrivain, scénariste et journaliste. Elle a écrit son premier roman à l’âge de 10 ans dans un cahier d’école. Elle a très vite compris qu’elle ferait de l’écriture sa vie.
Après Elle s'appelait Sarah et Moka, il y a quelques années, c'est avec plaisir que j'ai retrouvé un roman de Tatiana de Rosnay. Et j'ai adoré ! Je n'aime pas particulièrement l'art de la Renaissance ni même les longues descriptions de villages perdus dans le sud de l'Italie. De toute façon, il n'en est pas question ici. Mêlé au romantisme, à la fraîcheur et à la touche d'humour de l'auteure, ce roman prend une toute nouvelle dimension.
On se prend vite dans les mots de Tatiana sans savoir refermer le bouquin. Bruce est touchant de par son changement de personnalité. Se découvrir une sensibilité inexistante jusque là, à la recherche d'une partie de soi, de la deuxième moitié de son histoire... J'ai adoré me confondre dans le quotidien de cet homme que sa seconde vie a rendu meilleur.
Ironiquement, on peut en déduire que les hommes seraient presque parfaits avec le coeur d'une femme.
Alors oui parfois, c'est gros, c'est exagéré et carricatural mais Tatiana de Rosnay sait alterner avec justesse et simplicité. J'ai ressenti l'aisance de sa plume et son envie de nous régaler à travers les mots... Comme si c'était son propre coeur qui parlait.
Bien sûr, ça me donne envie d'en lire encore d'autres de cette auteure. Bien sûr, j'attendrais encore un peu parce qu'une si belle plume, ne mérite pas de mourir par overdose.
Un extrait : "Pourquoi ma vie avait-elle changé depuis que son coeur battait dans ma poitrine ? Le professeur devait avoir raison : ma personnalité s'était modifiée avec la maladie, l'attente, la greffe. Mais un peu de tempérament de mon donneur ne s'était il pas infiltré en moi avec son coeur ? Comment était ce possible ? Sans doute Constance Delambre aimait elle les tableaux de Paolo Ucello, écrivait elle de la main gauche ? Je réfléchis dans l'obscurité. Que savais-je encore sur elle ?"
Aux éditions Le livre de Poche
Première publication Héloïse d'Ormeson en 2009
281 pages
6,50 euros

La délicatesse de David Foenkinos*****
Nathalie a rencontré François d'une façon tellement banale que ça en est devenu extra ordinaire. Quelques années de bonheur s'esquissent entre eux. Emporté tragiquement, François laisse Nathalie seule, à errer dans sa propre vie. Difficile de se reconstruire, de reprendre le dessus, difficile de faire confiance et de se laisser aller de nouveau à l'amour. Jusqu'au jour où elle rencontrera cet homme sur lequel elle n'avait jamais posé les yeux. Sa maladresse et sa légèreté la feront-elle craquer ?
Etudiant en lettres à la Sorbonne dans un premier temps, professeur de guitare aux sonorités jazz ensuite, David Foenkinosfait également partie des romanciers nouvelle génération. La délicatesse est son 8ème roman.
Avec une histoire d'amour, David Foenkinos vous livre ici un bijou. Ne cherchez pas l'eau de rose et le cucul la praline, il n'y en a guère. Non, son histoire d'amour à lui, elle est brute, pleine d'aspérités, banale mais tellement belle. On s'émeut, on rit beaucoup, on peut pleurer aussi.
Tout en subtilité et en légèreté, il dépeint l'histoire d'êtres ordinaires à l'histoire sentimentale qui pourrait être la vôtre. Les interrogations sont les mêmes. Faut-il se lancer ? Dois-je faire le premier pas ? Ne serais-je pas en train de trop me prendre la tête ?
J'ai adoré la spontanéité et le naturel du langage de l'auteur. Il écrit comme il parle et même comme il pense et livre les peines d'amour de son personnage avec justesse. Et si l'on oscille entre les points de vue des différents personnages, on se rassure (en tant que femme) à voir que, pour une fois, c'est l'homme qui est perturbé, qui s'obsède et reste subjugué par la belle Nathalie. Sans doute, une façon habile de l'auteur de séduire les lectrices d'abord et de leur faire passer le message ensuite : les hommes aussi sont fragiles (même s'ils cachent leur sensibilité dérrière l'orgueuil et la virilité).
Il faut aussi que je vous parle de ces intermèdes ludiques entre les chapitres,rythmées et drôles. L'auteur y met en lumière une note anecdotique concernant le chapitre précédent : la recette d'un risotto évoqué, révélation du contenu d'un dossier, un dicton lu dans la station de métro où se trouve le personnage... Soyons clair : aucun intérêt pour le livre si ce n'est lui donner une dynamique intéressante et drôle. Cela m'a beaucoup fait penser à la façon de dénoter le quotidien à la manière de certains bloggueurs.
A noter aussi que les notes en bas de pagesont hilarantes. Entre l'incohérence et le dispensable, David Foenkinos vous arrache forcément au moins un sourire. De plus, si le sujet pourrait prêter au sérieux et à la gravité (comment retrouver l'amour en ayant perdu le précédent ?), on est bien loin d'être dans le pathos, la lamentation chronique et le morbide.
Dernier plus pour cette oeuvre des temps modernes :ses nombreuses références culturelles (Albert Cohen, Camus, Sartre...) et ses citations qui allègent le coeur du roman.
Et si on dédramatisait le quotidien ? Un livre à délecter sans aucune modération !!!!
Aux éditions FOLIO
Première publication en 2009 aux éditions Gallimard
210 pages
6,20 euros
Un extrait : "Nathalie et François se sont rencontrés dans la rue. C'est toujours délicat un homme qui aborde une femme. Elle se demande forcément : "Est-ce qu'il ne passe pas son temps à faire ça ?" Les hommes disent souvent que c'est la première fois. A les écouter, ils sont soudain frappés par une grâce inédite leur permettant de braver une timidité de toujours. Les femmes répondent, d'une manière automatique, qu'elles n'ont pas le temps. Nathalie ne dérogea pas à cette règle. C'était idiot : elle n'avait pas grand chose à faire, et aimait l'idée d'être ainsi accostée. Personne n'osait jamais. Elle s'était plusieurs fois posé la question : ai-je l'air trop boudeuse ou trop paresseuse ? Une de ses amies lui avait dit : personne ne t'arrête jamais car tu as l'allure d'une femme poursuivie par le temps qui passe."

Love Medicine de Louise Erdrich**
Ou le parcours de deux familles indiennes de 1934 à aujourd'hui qui vivent dans une réserve dans le Dakota. Mis à l'écart par les blancs qui leur ont tout pris : terres et âme. Plus qu'un combat de vie, une lutte transgénérationnelle.
Vous descendez ? de Nick Hornby****
Le destin les a sauvé ! Il y a Martin, un présentateur télé secoué par un scandale sexuel, JJ, un amoureux déçu et un musicien sans groupe, Jess une jeune femme effrontée et marquée par la disparition de sa soeur et Maureen avec sa vie plate et la garde de son fils lourdement handicapé. Ils ne se connaissaient pas jusqu'à ce réveillon où ils sont tous les 4 montés sur la Tour du Saut, prêts à mettre fin à leur vie.
Retenu par la conviction que chacun avait encore quelque chose à accomplir ou à sauver, ils se sont laissés 6 semaines avant d'en tirer le bilan pour savoir s'il faut sauter.. ou pas.
Nick Hornby était professeur en Grande Bretagne avant de devenir écrivain dans les années 1980.
Ca faisait longtemps que je n'avais pas lu un Nick Hornby. Et j'étais toute contente en dénichant ce bouquin ! Pour moi, Nick a le don d'écrire des contes des temps modernes. Encore une fois, je suis conquise par le choix de l'angle, le sujet habilement mené et le style cash de Nick.
Chacun de nous peut se retrouver dans l'une des personnalités des personnages. Si la mort est au coeur de ce roman, on ne plonge pas pour autant dans un univers sombre et morbide. Au contraire, le lecteur se délecte en riant de ce monde moderne parfois un tantinet cruel. Ne vous attendez pas pour autant à une histoire à l'eau de rose : le ton n'est pas mielleux et la fin ne vous prouve pas que tout le monde est heureux et qu'il y aura pleins d'enfants à venir.
A la façon de quatre journaux intimes rassemblés, Nick, Maureen, JJ et Jess s'adressent à vous pour vous intégrer à l'histoire. On ne reste pas spectateur mais bien figurant de cette histoire ordinaire qui devient par la plume de l'auteur extra ordinaire. Jusqu'à la dernière page, on ne sait si les 4 inséparables vont faire le grand saut.
On assiste à une création d'amitié dont ne veulent pas croire les personnages : comment peut on devenir ami avec des gens que l'on a rencontré dans de telles circonstances ?
Ce livre nous apprend également que la vie peut vous en faire vivre de belles mais que la roue tourne. Solidarité, lâcheté, succès, échec, courage, sociabilité... Des valeurs fortes véhiculées qui nous font réfléchir sur notre propre destinée. On a tous vécu un jour ces moments de découragements profonds où l'on ne sait plus à qui se remettre et à croire que la seule échapatoire pourrait éventuellement être celle de mettre fin à sa vie.
Encore une belle découverte à l'anglaise !
Aux éditions 10/18
Première publication en 2005 aux éditions Plon
Titre original : A long way down ?
Traduit par Nicolas Richard
ISBN978 2 264 04391 1
Ils l'ont lu...
Critique de Glamour :
"De loin, ça pourrait ressembler à un conte sinistre, mais Nick Hornby change tout ce qu'il touche en rire. Le résultat est aussi inattendu qu'hilarant."
Extrait :
"Vous avez vraiement envie de savoir pourquoi j'ai voulu sauter du haut d'un immeuble ? Je vais vous le dire. Je ne suis pas complétement idiot. Il y a une explication logique , car c'est une décision logique, la fruit d'une véritable réflexion. Même pas une réflexion très sérieuse d'ailleurs. Je n'irai pas jusqu'à dire un coup de tête, mais rien non plus de terriblement compliqué, ou douloureux."

Sauver sa peau de Lisa Gardner**
Annabelle Granger n'a cessé de changer de prénoms et de fuir maison et amis lors de son enfance. Pourquoi ? Elle n'a jamais su ! Seulement, une fois adulte, quand on découvre les cadavres de six fillettes dont l'une porte son nom, elle est bien décidée à dévoiler tous les mystères de son histoire.
Lisa Gardner vit en Nouvelle Angleterre. C'est une illustre en matière de polars.
On est d'abord happé par l'enfance d'Annabelle, ses souvenirs furtifs, son bonheur frustré (et volé) et son enfance perturbée par autant de mensonges. La découverte des cadavres est inquiétante, froide et mystérieuse. De nuit, dans un bois, près d'un hopital psychiatrique... Pour un peu, on verrait presque un fumet blanc s'échapper de la terre comme dans un mauvais film d'horreur. On s'amuse un peu avec le portrait des deux flics qui se révèlent être les gros clichés des enquêteurs moyens et qui, comme par hasard, ont un passé amoureux en commun.
Le tout sonne un tantinet léger pour un polar à l'intrigue intéressante. Il y a comme un air de déjà vu qui risque de lasser le lecteur dès la centaine de pages franchie.
Le style est agréable et se lit aisément mais je regrette néanmoins ce manque de piquant qui aurait sans doute apporté plus de saveur à ce livre. Les rebondissements sont remarqués de loin; ce qui fait de ce policier un roman somme toute moyen ! J'ai quand même passé un bon moment car je suis restée convaincue que la bonne surprise arriverait à la fin...
Aux éditions Le livre de poche
Première publication française en 2009 aux éditions Albin Michel
499 pages
Ils l'ont lu
Un climat de menace grandissante particulièrement impressionnant. Un suspense que l'on n'a pas envie de lire seul dans un endroit mal éclairé. -- The Guardian
Un extrait : "Mon père m'a expliqué ça pour la première fois quand j'avais sept ans : le monde est un système. L'école est un système. Les quartiers sont des systèmes. Les villes, les gouvernements, n'importe quel grand groupe de gens. Le corps humain aussi d'ailleurs, un système qui fonctionne grâce à des petits sous-systèmes biologiques."

Le koala tueur de Kenneth Cook
De ses périples australiens, l'auteur rapporte ses histoires les plus dramatiques, les plus impressionantes, les plus rocambolesques et les plus drôles aussi. Vous apprendrez ainsi à vous dépatouiller des griffes d'un koala, à esquiver un crocodile en rute ou alors à éviter alcool et serpents.
Kenneth Cook est un auteur australien dévoilé par Cinq matins de trop et reconnu pour ses recueils de nouvelles.
Pas du tout rigide comme un documentaire animalier, ce livre vous place, dès les premières lignes, comme un aventurier solitaire, largué en pleine nature. On s'émeut pour le comportement de certaines bêtes, on s'étonne pour d'autres. On en apprend de belles pour le plus grand plaisir de nos zigomatiques car au fils des pages, on s'instruit autant que l'on rit. Tel un carnet de voyages aux moult péripéties, ce bouquin vous assure un bon moment de détente. Désormais, je tournerai ma langue 7 fois dans ma bouche avant de dire que les koalas sont si mignons.
Aux éditions Le livre de poche
Première publication en 2009 aux éditions Autrement
ISBN : 978 2 253 133100
219 pages
Ils l'ont lu...
"Quinze pépites éfficaces, hilarantes, garanties autobiographiques à 100%, qui parviennent à faire douter des animaux aussi prétendument inoffensifs que la peluche éponyme." Dominique Aussenac, Le matricule des anges
"Une lecture des plus instructive, pour voyager en pays lointain tout en se payant se sacrées tranches de rigolades." David Fontaine, Le Canard enchaîné
Un extrait : "Je n'aime pas les koalas. Ces sales bêtes, aussi hargneuses que stupides, n'ont pas un poil de gentillesse. Leur comportement social est effroyable - les mâles n'arrêtent pas de se tabasser ou de voler les femelles de leurs semblables. Ils ont des mécanismes de défense répugnants. Leur fourrure est infestée de vermine. Ils ronflent. Leur ressemblance avec les nounours est une vile supercherie. Il n'y a rien de bon chez eux."

La patience des buffles sous la pluie de David Thomas****
Des nouvelles brèves piquantes, délirantes et humaines... Il n'en faut pas plus pour décrire ce livre.
David Thomas est un ancien journaliste qui se consacre aujourd'hui à l'écriture de pièces de théâtre et de nouvelles.
Ce pourrait être votre mère qui vous sermone, une copine qui se lamente, un amant qui s'extasie, un inconnu qui se plaint... Oui, ce livre regorge de témoignages aux tranches de vie auxquelles on s'identifie aisément. En plus de lire ce recueil très rapidement, vous vous surprendrez à rire devant l'hilarité des situations. Un rien décalé, on ne se lasse pas de ces petites brèves sans rapport et sans prétention. Dernière page. On en redemande, on en veut toujours plus. Le style vif de la plume de David Thomas ajoute une réelle valeur ajoutée à ce livre. Une jolie découverte à partager avec les copines sur la plage, à lire dans les transports en commun ou un jour de pluie. Bonne humeur assurée !
Un extrait : "J'ai perdu la femme parce que j'ai perdu ma libido. J'ai perdu ma maison parce qu'elle était au nom de ma femme et qu'elle m'a foutu dehors. J'ai perdu dix ans de ma vie parce que j'aurais jamais dû épouser cette salope. J'ai perdu mon boulot parce que j'ai perdu ma femme et ma maison et que je devenais complètement chèvre. J'ai perdu ma voiture parce que j'ai perdu mon boulot et que j'avais besoin d'argent. J'ai perdu mes papiers parce que j'ai pris une énorme cuite et que je ne sais plus ce que j'ai fait."
151 pages
Aux éditions Le livre de Poche
Première publication à La librairie générale française en 2011
ISBN 978 2 253 12948 6
Ils l'ont lu...
Christian Autier, Figaro : Au fil de ces nouvelles en forme d'instantanés qui pouraient faire un roman, on songe à Brétécher pour l'acidité du trait et à Sempé pour la poésie décalée.
Nicolas Rey, VSD : J'ai découvert LE livre. Celui que l'on n'était jamais censé rencontrer.



